La transition énergétique : on y va maintenant ou on attend… qu’il soit trop tard ??

Si vous demandez encore si les énergies renouvelables sont bien « rentables » par rapport au nucléaire, voici quelques éléments de réflexions :

  • Coûts d’exploitation des centrales françaises : + 21% en 3 ans, largement dû au vieillissement des installations et aux difficultés de maintenance rencontrées par EDF
  • Investissement nécessaire à la remise à niveau du parc : 110 milliards d’euros sans la moindre garantie que ces investissements permettent de prolonger les installations au-delà de 40 ans
  • Solution « alternative » de l’EPR, en France comme en Finlande : EDF se refuse dorénavant à donner une date de mise en service et un budget définitif (il a déjà été multiplié par 3), et encore moins un prix du MWh produit.
  • On peut cependant en avoir une évaluation au regard du contrat pharaonique qu’EDF vient de conclure avec l’Etat britannique garantissant un prix d’achat du MWh pendant 35 ans qui est déjà le double du prix de l’électricité dans le pays… et près de 30% supérieur au prix du MWh produit par l’éolien
  • La filière nucléaire est en plein déclin : elle pesait pour plus de 18% de l’électricité mondiale et sa part ne cesse de décroître et avoisine aujourd’hui les 11%
  • En 2014, les 2/3 des installations électriques nouvelles dans le monde étaient renouvelables, et dès l’année prochaine les renouvelables électriques produiront dans le monde 2 fois plus d’électricité que le nucléaire
  • Le nucléaire a bénéficié pendant des décennies de la complaisance des pouvoirs publics qui ont fait prendre en charge par la collectivité l’essentiel de ses coûts dans quatre domaines très coûteux : la recherche (50 milliards sur 50 ans), la gestion des déchets (notamment le projet Cigeo dont le coût pourrait être multiplié par 2), le démantèlement (dont le coût en France est largement sous-estimé au regard des autres pays nucléarisés) et l’assurance face au risque (quasi intégralement à la charge de la collectivité qui devra assurer évacuation et réparation, comme on l’a vu à Tchernobyl ou à Fukushima). Certes, des artifices juridiques permettent à EDF de prétendre assurer ces financements, mais la Cour des Comptes – et même les propres commissaires aux comptes d’EDF – ont attiré l’attention à plusieurs reprises sur le décalage très important entre coûts réels et coûts annoncés
  • Et pour bien apprécier la confiance que l’on peut avoir dans le nucléaire français : Résultats financiers d’AREVA pour 2014 (annoncés le 23/02) : perte nette de 4.9 milliards d’euros

Extrait d’un article de Médiapart du 28/02/15:

http://blogs.mediapart.fr/edition/transition-energetique/article/280215/evitonsqu-areva-entraine-edf-dans-sa-chute

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